Trésors de Lutine

Quelques trouvailles, tambouilles et autres émerveillements d'une petite lutine.

14 février 2008

Sécurité cosmétique versus sécurité alimentaire

Vous vous êtes peut-être déjà posé cette question "pourquoi est-ce qu'une huile d'argan bio achetée au rayon cosmétique de mon magasin bio coûte deux fois plus cher qu'une huile d'argan bio (non seulement de la même contenance mais aussi de la même marque!!!) achetée au rayon alimentaire du même magasin?" C'est vrai pour l'huile d'argan, mais également pour les huiles de sésame, de macadamia, de noisette, de germe de blé...
Il y a parfois bien un packaging plus luxueux, avec un flacon plus joli et éventuellement une pompe dedans... mais ça n'explique pas tout!
J'y ai longtemps réfléchi, j'ai bien lu les étiquettes et sur les deux était écrit "extraction par première pression à froid", je me suis dit logiquement ils ne peuvent pas fabriquer deux huiles différentes pour l'alimentation et la cosmétique... que dans les deux cas, on prenait la graine on la mettait dans la meule et on extrayait une huile... Cependant j'avais des doutes... J'ai demandé aux gentils employés de mon magasin bio, ils n'en avaient sincèrement aucune idée...
Jusqu'à ce que je tombe sur le site (et le blog!) d'Alternative Nature (que vous retrouverez dans mes bonnes adresses, en bas à droite). J'ai été interpellée par le fait que certains articles étaient indiqués "Attention! Sécurité alimentaire uniquement!" et je me suis dit "voilà quelqu'un qui sait". J'ai laissé un message sur le site, et Valérie m'a répondu très gracieusement...

Donc j'ai appris que l'obtention de la sécurité cosmétique exige de répondre à beaucoup plus de tests de qualité, beaucoup plus exigeants que ceux nécessaires à la délivrance d'une sécurité alimentaire (personnellement ça me semble paradoxal... mais je ne dois pas tout comprendre). Les producteurs réservent donc la fleur de leur production à des fins cosmétiques, afin d'être sûrs de passer les tests.
D'autre part, les professionnels doivent avoir pour chaque produit une "fiche de sécurité cosmétique" qui doit faire figurer l'INCI, plus précis et règlementé que la composition utilisée dans l'alimentaire, mais aussi les risques (allergies, produit pulvérulent...), la conduite à tenir en cas de fuite du contenant, les effets sur l'environnement, le mode de fabrication, les coordonnées du lot et du fabricant... Un produit cosmétique doit de plus avoir un étiquettage très réglementé, reprenant l'INCI, indiquant un mode d'emploi, une durée limite d'utilisation, en plus du numéro de lot...
Ces démarches ont un coût, mais permettent en retour de garantir une utilisation cosmétique, notamment sous la forme d'une assurance pour les professionnels. En effet, si quelqu'un faisait une mauvaise réaction à un produit, alors que tous les ingrédients ont une sécurité cosmétique, le fabricant/revendeur peut retracer les origines et les certificats de chaque ingrédient, et ainsi être couvert par l'assurance. Si ce n'est pas les cas, il endosse la responsabilité.

Bon... nous avons donc la réponse à la question théorique... Maintenant pour la question pratique, qui est d'acheter ou non des huiles alimentaires à des fins cosmétiques... c'est chacune comme elle le sent... Pour ma part j'avoue que je vais essayer (en prenant du bio de première pression à froid quand même), je verrai bien comment ma peau réagit, et au pire je jetterai ma préparation... je trouve que l'expérience vaut la peine.

Posté par profiteresse à 00:49 - Fragments de Savoir - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Tout ça est étonnant car pour moi la seule grosse différence c'est la TVA : 19,6% pour la cosmétique et 5,5% pour l'alimentaire.

    Les HV alimentaires sont tout aussi réglementées pour ce qui est de l'INCI, des risques (allergies...), des effets sur l'environnement, du mode de fabrication, DLU, des coordonnées du lot et du fabricant...

    Après, il y a peut-être une différence entre un produit "transformé" (genre crème cosmétique vs crème alimentaire) mais pour un produit brut je ne crois pas.

    J'ai même lu une fois que les produits alimentaires étaient beaucoup plus contrôlés car une erreur dans ce domaine peut rapidement entraîner la mort alors qu'en cosmétique tu risques surtout une allergie (niveau microbe et autres).
    Pour ma part je pense que tout ce que tu manges tu peux l'appliquer sur la peau (avec des résultats plus ou moins bons) mais l'inverse n'est pas possible !

    En conclusion, je pense que si le prix est beaucoup plus élevés (en dehors du packaging) c'est surtout à cause du qualificatif "cosmétique".

    Posté par Crudité, 14 février 2008 à 09:50
  • Merci Crudité pour ton commentaire très intéressant!
    J'avoue que pour bien faire, je devrais me renseigner de manière plus rigoureuse, quitte à ressortir les normes européennes, etc... j'essaierai de le faire à l'occasion, parce que c'est une question qui m'intéresse, mais pour le moment je n'ai pas le temps... à suivre au prochain épisode donc!
    Pour ce que tu dis des produits alimentaires, il y a plusieurs choses... D'une part l'INCI, par définition (que j'ai ajoutée à mon glossaire) est réservé aux cosmétiques ; les produits alimentaires ont eux une composition, dont les ingrédients ont des appellations plus "libres" (pour preuve, vous pouvez vous amuser à lire la composition des produits d'importation, c'est parfois comique...). D'autre part, pour ce qui est du niveau de qualité et de contrôles, j'avoue que cela me semblerait logique à moi aussi que l'alimentaire soit supérieur au cosmétique, mais je ne sais pas vraiment, et je tendrais à faire confiance à Valérie, qui est en contact direct avec des producteurs...
    Enfin la remarque que tu as fait sur la TVA est quelque chose de très pertinent, que j'avais complètement zappé!

    Posté par profiteresse, 15 février 2008 à 10:32
  • je te fais plein de gros bisous en passant et te rapplle de passer de temps en temps sur complice's swaps car des choses s'y passent !
    bisous ma belle

    Posté par pewpew, 16 février 2008 à 19:32
  • J'achete mes hv chanvre, noisette sésame, de carthame, de macadamia etc..d'Emile Noel sans souci
    J'ai même trouvé celle de pépin de raisin NON RAFFINEE si rare en France (évidememnt pas le même tarif mais on a enfin les vraies propriétés de l'hv de raisin !)

    Ce qui est essentiel : acheter des huiles végétales de première pression à froid, pures et non diluées, non hydrogénées,, non désodorisée (argan...)

    Posté par patte, 17 février 2008 à 14:09
  • Pour ma part, j'utilise les huiles D'Emile Noel pour faire mes macerats et les huiles d'aromazone pour l'utilisation directe. Je pense qu'à partir du moment où l'ingredient est de très bonne qualité, il est autant utilisable en cosmeto qu'en alimentaire.

    Posté par brindille, 18 février 2008 à 12:43

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